Home > Discover Delicious Mauritius > Bon baz manzé > Ti Bol Snack, comme si on y mangeait depuis toujours
À Maurice, le snack n’est pas un lieu, c’est un réflexe. Il y en a un au coin de chaque rue, entre la station-service et la boutique du village, reconnaissable à son frigo à boissons qui bourdonne et à ses tables où le piment vert monte la garde. On y va sans réserver, sans se poser de questions, souvent sans même consulter la carte, parce qu’on la connaît par cœur depuis toujours.
Ti Bol Snack, lancé en 2022, n’a pas encore l’ancienneté de ces adresses-là. Mais il suffit de s’y attabler une fois pour avoir l’impression d’y manger depuis vingt ans !
Cette familiarité, elle porte deux noms. Veena, qui tient les marmites, et son fils Linesh, qui veille sur tout le reste. Elle a commencé seule, sur un tricycle, avec trois recettes en poche et deux ou trois places assises pour les courageux. Lui menait une vie confortable dans le service client avant de tout quitter pour la rejoindre. Ni l’un ni l’autre n’était censé finir derrière un comptoir, et c’est précisément ce qui rend l’histoire savoureuse.
Car le vrai chef de la famille, lui, taille des haies. Le père de Linesh est jardinier à la municipalité de Quatre Bornes, où il totalise près de vingt ans de service, et il n’a jamais eu le cœur de rendre son tablier pour se lancer dans le commerce. Alors il a fait le plus élégant des transferts de compétences : il a tout appris à sa femme. Mine bouillie, mine frire, boulettes. Un trio sans prétention qui reste, aujourd’hui encore, ce qui part le plus vite de la cuisine.
Les clients sont tellement revenus qu’en 2024 il a fallu déménager. Une vingtaine de couverts désormais, et une cuisine ouverte où l’on voit tout : le wok qui s’emporte, la sauce qui tombe au bon moment, une équipe qui avance comme une petite usine bien huilée, chacun à son poste, rapide et impeccable.
La carte, elle, joue à domicile. Riz frite, bol renversé, mine renversé, mine bouillie, mine frite, meefoon frite ou en bouillon, déclinés au poulet, à l’agneau, à l’ourite, au crabe ou aux fruits de mer. Tout passe par leur sauce maison, celle qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Ils livrent dans les environs, sont présents sur Delivery Dodo et acceptent volontiers les commandes pour prières et événements.
De leurs débuts modestes à la salle comble, il n’y a eu ni plan de communication ni grande stratégie. Juste quelques bonnes recettes, une famille qui y croyait et des clients qui sont revenus. À Maurice, c’est souvent comme ça que naissent les adresses dont on finit par parler à tout le monde !